Création d'entreprise
Reprendre une officine : les cinq points qui font capoter le dossier
Le prix de cession d'une pharmacie se négocie sur des multiples connus. Ce qui bloque un dossier, ce n'est presque jamais le prix — c'est ce qu'on a oublié de regarder avant.
Ce qu'on regarde avant le prix
Le prix d'une officine se négocie sur un multiple de l'excédent brut d'exploitation, corrigé du chiffre d'affaires et de la structure de marge. Les fourchettes sont connues et rarement contestées. Ce qui fait échouer une reprise se trouve ailleurs.
1. La structure de la marge
Une officine dont le chiffre repose sur quelques médicaments coûteux à faible marge n'a pas la même valeur qu'une officine portée par la parapharmacie et l'ordonnance courante. Le chiffre d'affaires seul ne dit rien.
2. Le bail et l'emplacement
Durée restante, clauses de destination, projets d'urbanisme aux alentours. Une maison de santé qui ouvre à trois cents mètres change l'équation en dix-huit mois.
3. Le personnel repris
Les contrats sont transférés de plein droit. L'ancienneté, les primes conventionnelles et les éventuels contentieux en cours viennent avec.
4. Le financement
Les banques spécialisées financent sur sept à douze ans avec un apport de 10 à 20 %. Le plan de remboursement doit tenir compte de votre rémunération réelle, pas seulement de la capacité théorique de l'officine.
5. La forme juridique de la reprise
Achat du fonds ou achat des titres : la fiscalité, la responsabilité et le montage bancaire ne sont pas les mêmes. Cette décision se prend au début, pas à la signature.
